Club Montagnard de La Tour de Peilz
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RV 9h Florival, Laurent
Les dernières activités du club
21-22 Août, Mont Blanc de Cheillon
En deux fois
Jean Rosset était en vacances en ce week-end de mi-août, laissant festivaliers et vacanciers du val d'Hérens dépités se débattre avec un ciel chargé et une pluie continue. Le soleil n'étant que dans les verres, nous ne sommes guère allé plus loin que l'auberge de la place d'Arolla. Cependant, la patience étant parfois récompensée, et elle le sera magnifiquement, une fenêtre météo stable devait s'ouvrir pour la semaine suivante.
Le décor d'Arolla s'offre alors dans toute la splendeur de ses sommets environnants, plâtrés de la neige des intempéries récentes et encadrés d'un bleu azur de carte postale. L'air est frais, les marmottes sifflent, les fleurs s'épanouissent et les ruisseaux bruissent doucement dans une atmosphère bucolique, alors que les montagnards, ployant sous la charge de leurs sacs volumineux, progressent lentement vers les cabanes. Nous montons vers la cabane des Vignettes, écrasés par la masse dominante de la face nord du Pigne d'Arolla.
Après une courte marche sur une moraine raide, nous atteignons le glacier de Pièces en faible pente, sa glace à vif. Plus loin, en vue de la cabane, la pente se redresse, nous forçant à chausser nos crampons et à nous encorder. La glace est recouverte d'une vieille neige pourrie et molle, masquant les longues crevasses transversales. On atteint la cabane en quatre heures.
Dans la pénombre de la fin de nuit, nous nous équipons lentement, avant de nous engager sous la pente du Pigne, que nous attaquons crampons au pied. La pente est raide, neigeuse. Nous progressons régulièrement, alors que le soleil nous rattrape. Nous atteignons le sommet du Pigne d'Arolla (alt. 3798m) en deux heures, que nous quittons sans nous attarder; le léger souffle vif et piquant n'engageant pas à la flânerie. Nous atteignons rapidement la pente de la Serpentine, en très bonnes conditions de neige dure. Au bas de la pente, notre trace se faufile à distance respectueuse des deux dangers principaux, le glacier suspendu à notre gauche et les crevasses à droite, en direction du dôme neigeux du Mont Blanc de Cheillon.
Après une courte halte, l'ascension du dôme se révèle harassante, en raison de la pente et de la neige molle qui lâche sous chaque pas. Et chaleur et altitude n'aident pas. De la crête du dôme, la vue sur les sommets est superbe et la plongée sur le glacier des Dix impressionnante, 800 m de verticalité attirante. Le fil irrégulier de l'arrête rocheuse sommitale est alors devant nous, fait de gendarmes et de blocs, présentant une varappe aisée, très aérienne, mais très sure.
Notre allure lente et prudente, nos mouvements de corde assurant chaque progression, nous amènerons en quatre heures au sommet, (alt. 3879m). Sans attendre, nous entamons une longue descente, dans la neige molle, puis sur l'arrête délitée, pour rejoindre le col de Cheillon tout d'abord, puis la cabane des Dix et par les échelles du Pas de Chèvre rejoindre enfin Arolla. Pfff, pas mécontents non plus de retirer nos chaussures.
Michel