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Les quelques taches de neige mouillée restantes permettent à peine aux enfants de faire quelques boules. Ils doivent se contenter de poupées de neige, guère plus. Pourtant, quelques jours auparavant la température avait brusquement chuté et amené la limite de la neige jusqu’au niveau du vallon de Villard, amenant l’espoir de glissades joyeuses et riantes. Il n’en reste rien, au point que personne n’a pensé à amener son bob.

Le temps de l’apéritif, on converse dehors sur l’évolution de notre forêt. Ces derniers jours, profitant du temps clément, le garde forestier avait marqué cinq mélèzes qui nous causaient du souci. Dans la foulée, l’abattage a été rondement mené par une entreprise intéressée par les billes, effectuant le travail pour la valeur du bois récupéré. Le plus gros des troncs comptait nonante-cinq cernes. Maintenant, la partie ancienne de la forêt présente un large couloir vide, d’un bien triste aspect sous le ciel couvert du jour. Il conviendra de reboiser au plus vite avec des essences locales bien adaptées à l’altitude de Billens. Par bonheur les idées ne manquent pas, nous laissant de quoi nous occuper l’esprit pendant nos longues veillées d’hiver.

Plus tard, dans le chalet, les volets sont tirés et l’on s’installe tous autour de la table centrale, face à un petit sapin étincelant. Chacun, le regard interrogateur regarde son voisin, à droite, à gauche, incrédule ; mais personne ne semble se décider. Dans cette micro assemblée, aucun ténor, soprano ou baryton ne se manifeste. Pas d’aphone non plus, quoiqu’en cet instant un observateur extérieur pourrait peut-être en douter. Pourtant, une volonté d’entonner, d’essayer au moins, quitte à faire « péter » les vitres semble bien présente. Hmmm. Et les enfants non plus. Refroidis par l’attentisme des adultes, ils se laissent gagner par leur timidité juvénile. On pourrait entendre voler les mouches. Il faudra bien un peu d’audace avant que les premières notes timides ne se fassent entendre. Quoiqu’à ce niveau de musicalité, évoquer les douces mélodies de Noël semble particulièrement inapproprié, se référant à nos borborygmes porcins. Seigneur, ait pitié de nous !

Les anges dans nos campagnes ont entonné l’hymne des cieux,
Et l’écho de nos montagnes redit ce chant mélodieux.
Gloria, in excelsis Deo, Gloria, in excelsis Deo.

On connait la suite,

Là-haut sur la montagne, l’était un vieux chalet,
Là-haut sur la montagne, croula le vieux chalet.
La neige et les rochers, s’étaient unis pour l’arracher …

Par bonheur, au moment fatal la douceur de l’instant, la miséricorde divine, les gorges chauffées par la Petite Arvine et le Gewürztraminer finissent, sinon par s’emballer, au moins par décoller un peu, irrégulièrement, sauvant du désastre notre beau chalet. Merci mon Dieu, merci les Anges !

Encouragés par ces divins élans, les petits s’y mettent aussi, d’abord dans les bras de grand papa, collés à ses jambes ensuite, pour se libérer plus tard, d’une voix fluette et douce, mais tellement délicate, poétique.

Joyeux Noël !

 

Voici Noël

Voici Noël, ô douce nuit !
L’étoile est là, qui nous conduit ;
Allons donc tous, avec les mages,
Porter à Jésus nos hommages ;
Car l’enfant nous est né,
Le Fils nous est donné !

Voici Noël, ô quel beau jour !
Jésus est né ! Quel grand amour !
C’est pour nous qu’il vient sur la terre,
Qu’il prend sur lui notre misère,
Un Sauveur nous est né,
Le Fils nous est donné !

Voici Noël ! Tous d’un seul cœur,
Joignons nos voix au divin chœur,
Qui proclame au ciel les louanges
De celui qu’annoncent les anges,
Car l’enfant nous est né,
Le Fils nous est donné !

Voici Noël, ne craignons pas,
Car Dieu nous dit : Paix ici-bas,
Bienveillance envers tous les hommes !
Pour nous aussi tel que nous sommes,
Un Sauveur nous est né,
Le Fils nous est donné !

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